SIGNÉ FOURMI !

(chronique occitane en patois d’Île-de-France)

Montrioux (je crois), le 27 octobre 2017.

Mes chers petits occitanistes, c’est les vacances ! Et quoi de mieux en cette période d’Halloween que de consacrer ma petite carte à un thème qui n’a rien à voir ?

Figurez-vous que je vous écris depuis le train. Comme beaucoup ici je rentre chez moi, dans un petit village qu’on appelle Bordeaux, en périphérie de Paris. Je vous imagine déjà si heureux à l’idée de profiter d’une semaine reposante auprès des vôtres, loin de toute agitation iepienne. Je vous imagine aussi inquiets en vue de vos partiels qui arriveront hélas bien trop vite.

Perdus dans un flot grandissant de capital culturel objectivé, vous vous demandez peut-être avec épuisement quelle sorcellerie a bien pu vous amener à être admis (sur liste complémentaire) dans un IEP de province aux couleurs chatoyantes. La PLS vous guette. Si vous l’avez oubliée, votre foie s’en souviendra pour vous, assurément.

Sachez toutefois que ces conditions d’écriture me procurent l’impression de faire couler de l’encre dans l’Histoire, d’être une sorte d’Amélie Nothomb en exil, prête à s’abandonner toute entière à l’ivresse du large. A ceci près qu’il pleut et que je suis bloqué dans un intercité, quelque-part dans le Tarn-et-Garonne.

Heureusement chers petits félibres, j’ai de quoi vous faire oublier la morosité de tels événements. Je crois avoir résolu depuis peu un des mystères essentiels de ce mois d’octobre. Il constitue la plus belle des réponses à une question que vous ne vous posiez pas. Pour ce seul fait, il est des connaissances parmi les plus exquises dans la hiérarchie des savoirs. Essentiel parce qu’inutile. Qui était donc ce mystérieux Compans-Caffarelli dont on entend si souvent le nom ?   L’interrogation me hante.

J’ai donc cherché. Et, à la vérité, il serait plus correct de dire « Compans & Caffarelli », puisque nous parlons de deux généraux de la Révolution et de l’Empire. En plus ils pèsent dans le game.

Commençons par le commencement.

Jean-Dominique Compans (1769-1845) n’était pas destiné à suivre une carrière militaire. Ses parents le voyaient devenir membre du clergé lorsque lui s’imaginait vivre ce qu’il appelait « l’aventure » de la Révolution Française. Ça partait assez mal du coup.

Toutefois, il réussit à se faire nommer capitaine à 23 ans puis à commander 16.000 hommes durant la campagne d’Italie. Suite à ses succès remarqués, Napoléon vînt à le considérer comme l’un des meilleurs généraux de France. Pragmatique, Jean-Do se rallie pourtant à la Monarchie lorsque les Bourbon reviennent sur le Trône, en 1815. Il mourra durant son mandat à la Chambre des Pairs de France, la plus haute distinction politique de l’époque.

A côté de lui, sur les panneaux toulousains comme sous l’Arc de Triomphe, se trouve Marie-François Auguste de Caffarelli du Falga (1766-1849). On l’aime bien ici, parce qu’en plus d’être un super bon général, c’est aussi un peu la mif : il est né en Haute-Garonne.

Il a fait ses classes à l’école militaire de Sorèze avant de monter progressivement en grade. En 1806 il gère tellement à la bataille d’Austerlitz que, pour le récompenser de « ses talents et de sa bravoure », on le décore de la Légion d’Honneur. Je vous avais prévenu qu’il pesait dans le game.

En bref, la prochaine fois que vous passerez par Compans, en plus de pouvoir vous la péter avec votre tout nouveau vernis de culture, vous saurez un petit peu qui est passé par là. Et ça c’est cool.

Je vous embrasse mes petits occitanistes.

A très vite,

Fourmi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *