évolution du cours du bitcoin depuis mars 2017

Le bitcoin, c’est quoi, c’est “fashion” ?

Le bitcoin occupe la sphère médiatique depuis maintenant plusieurs mois, mais ce concept novateur reste encore flou aux yeux d’une bonne partie de la population. Le bitcoin, c’est en réalité une monnaie virtuelle et universelle créée en 2009 par Satoshi Nakamoto (même s’il se pourrait que ce nom ne soit qu’un pseudonyme utilisé par un ou plusieurs développeurs). Le bitcoin est ce qu’on appelle une crypto-monnaie, elle circule essentiellement sur le web, et l’on ne peut pas la posséder en espèces. Si le bitcoin a longtemps vu sa valeur croître mais de manière relativement faible (moins de 1 000 dollars de 2009 à janvier 2017), son cours a explosé l’année dernière, jusqu’à franchir la barre symbolique des 10 000 $ en novembre, et atteindre à ce jour sa valeur maximale le 17 décembre 2017, celle-ci étant alors de 19 891 $, soit 16 323 €. Selon la loi de l’offre et de la demande, cette hausse invraisemblable s’explique alors par des investissements toujours plus nombreux vis-à-vis du bitcoin, et ceci dans le monde entier. Réciproquement, la chute brutale de la valeur du bitcoin avant même la début de l’année 2018 s’explique par des politiques d’encadrement accru des échanges, qui excluent du marché un certain nombre d’actionnaires, et incitent d’autres à retirer leurs bitcoins du marché pour en tirer un bénéfice maximum, avant que sa valeur ne chute. Ainsi, dès mercredi 17 janvier 2018, le bitcoin passe la barre des 10 000 $, mais cette fois-ci en sens inverse…Les économistes s’accordent sur le caractère hautement spéculatif de cette monnaie, comme sur celui de l’ensemble des crypto-monnaies d’ailleurs, puisque la chute impressionnante du cours du bitcoin ces derniers jours a aussi entraîné celle de l’Ether et du Ripple par exemple.

Le bitcoin : une crypto-monnaie à succès ?

Les crypto-monnaies, historiquement, ont d’abord largement évolué dans l’usage qu’on en fait. Ainsi, de 2009 à 2013 (jusqu’à la fermeture de Silk Road, un marché noir du Darknet, par les autorités américaines), le bitcoin était surtout utilisé par des réseaux criminels comme moyen d’échange pour des jeux d’argent, l’achat de substances illicites, ou pour des bases de données piratées. Depuis les quelques mesures de régulation mises en place, celui-ci s’est universalisé et les activités illégales ont largement diminué pour ne représenter aujourd’hui qu’une faible part des échanges de la crypto-monnaie. Mais alors quels avantages les investisseurs trouvent-ils dans l’achat du bitcoin ?

Tout d’abord, l’utilisation des bitcoins apportent des avantages au niveau de la transaction entre particuliers. La transaction des bitcoins est vérifiée non pas par une banque, mais par une “blockchain”, à laquelle des millions d’utilisateurs d’internet participent. Ce sont les “mineurs”. Ils utilisent la puissance de calcul de leur ordinateur au service de la vérification des transactions, et perçoivent en contrepartie une infime partie des bitcoins transférés, mais aussi des bitcoins produits quotidiennement (on en crée toujours mais de moins en moins). Indirectement, les mineurs vérifient que la transaction est possible (si celui qui transfère des bitcoins les possède vraiment + si celui qui les reçoit possède une adresse bitcoin). Ce mode de vérification permet de parler de monnaie décentralisée lorsque l’on évoque les bitcoins et permet surtout aux utilisateurs d’échanger avec des frais bien inférieurs à ceux proposés par les banques. De plus, leur usage est facilité du fait qu’ils soient transmissibles dans tous les pays, mais aussi qu’ils ne peuvent être gelés, contrairement à ce qui est en vigueur en Allemagne par exemple. C’est à dire que les banques en difficulté y ont la possibilité d’empêcher (du moins temporairement) le retrait d’argent de leurs épargnants, pour ne pas faire faillite.

Ce qui est davantage critiqué vis-à-vis du bitcoin est le fait que l’ensemble des transactions soit à la portée de tous. En effet, bitcoin est un logiciel libre, qui, s’il anonymise les transactions, les met à la disposition des utilisateurs du web. Leur caractère hautement spéculatif, c’est-à-dire qu’elles soient très sensibles aux variations du marché, peut expliquer le succès récent des crypto-monnaies, mais aussi leur déclin rapide sur les dernières semaines, le cours du bitcoin ayant diminué de moitié en moins d’un mois. En effet, l’investissement dans celles-ci est perçu par tous (ou presque) les économistes comme un coup de poker à risque, ce qui incite aussi les états à intervenir, pour ne pas qu’une trop grosse part du marché ne leur échappe.

La régulation du bitcoin, un objectif porté par les gouvernements

Les variations du cours du bitcoin sur le marché sont avant tout les conséquences de politiques internationales au sujet de cette monnaie virtuelle. La plus significative et récente est celle du 22 décembre 2017 de la part du gouvernement sud-coréen, ou plutôt du seul ministre de la Justice. Celui-ci, en déclarant qu’il comptait interdire l’usage des crypto-monnaies, avait dans la foulée entraîné le retrait de nombreux investisseurs sud-coréens dans le marché du bitcoin, et ainsi provoqué une chute du cours du bitcoin de 12% en quelques heures. Si le gouvernement a démenti cette prévision d’interdiction début 2018, il compte bien réguler ce marché virtuel. Cette volonté s’est aussi manifestée cette semaine en Europe, et plus précisément des deux côtés du Rhin avec le couple franco-allemand. Ce dernier, par l’intermédiaire des Ministres des Finances Bruno Le Maire et Peter Atmaier, a prévu de proposer devant le G20 réuni à Buenos Aires à la mi-mars, une série de mesures visant à contrôler davantage les échanges de bitcoins. Atmaier défend cette position par “la responsabilité vis-à-vis de nos citoyens d’expliquer les risques et de réduire les risques par une régulation qui s’impose”. Si les mesures à mettre en place n’ont pas été dévoilées lors d’une conférence de presse commune jeudi 18 janvier 2018, on sait que côté français, elles ont été confiées à Jean-Pierre Landau, ancien sous-gouverneur de la Banque de France, connu pour son opposition à l’essor de ces monnaies virtuelles…

Le cours du bitcoin fluctue. D’opportunité de faire fortune il est devenu occasion de faire faillite, mais rien aujourd’hui ne permet de savoir avec certitude comment il évoluera dans les mois, les semaines, et même les jours à venir. Sans doute les actions gouvernementales influeront sur la courbe du bitcoin. On attend ainsi impatiemment de savoir quelles seront ces actions, mais aussi quels seront leurs effets ! Affaire à suivre …

Yoann Grégoire, le dimanche 21 janvier

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