Il y a de ces films qui font douter avant d’entrer dans la salle, A Star is Born en fait partie. Un film avec Lady Gaga comme actrice principale, il y avait de quoi douter.  Si son talent d’artiste musicale n’est plus à prouver, son talent d’actrice restait à prouver, pareil pour Bradley Cooper s’essayant à la réalisation. Et les critiques dithyrambiques par la presse me laissaient craindre un nouveau Call me by your Name, à savoir un film ultra-encensé à outrance pour n’être qu’un pétard mouillé niant son sujet tout en gagnant des Oscars sans réelle raison.

Et pourtant, à peine suis-je entré dans la salle que je savais que j’allais vivre une expérience hors-norme. Écran dernière génération offrant tout une palette de couleurs jamais vues au cinéma, nouveau Dolby Atmos immergeant comme jamais avec un son entièrement spatialisé dans la salle de cinéma. Autant vous dire que le fan de cinéma que je suis était déjà tout excité lors de la présentation audiovisuelle de ce nouveau dispositif avec comme slogan « Une nouvelle expérience débute maintenant ». Et quelle expérience.

Un cri uni de la foule, une batterie, une guitare déchirant le son, la première image d’un rockeur emporté par son art. A Star is Born pose directement son premier personnage : Jack, joué par Bradley Cooper, un vieux rockeur ayant connu une gloire immense mais désormais rongé par l’alcool, les drogues, les excès du star-système. Alors qu’il se rend dans un bar au hasard après un concert pour y boire après un énième concert, il fait la découverte d’un talent qui ne croit pas en lui, Ally, jouée par Lady Gaga. Commence alors une relation entre les deux personnes, une relation amoureuse, faite de hauts et de bas, alors que la carrière d’Ally décolle tandis que celle de Jack se termine, et tous deux devront dépasser leurs préjugés sur eux-mêmes pour continuer à vivre leur destinée commune.

Ainsi, le propos du film rejoint la performance de ses deux protagonistes. Si Bradley Cooper est depuis longtemps considéré comme un excellent acteur, il prouve qu’il est aussi un très bon réalisateur, joignant une mise en scène tantôt sobre, tantôt épileptique, tantôt immersive. Les longs plan-séquences côtoient les séquences surcutées, les moments d’apaisement, les secondes surchargées d’émotions. Une mise en scène brillante totalement au service de son film tout en gardant sa propre personnalité. Et bien que ce soit une énième réinterprétation d’un film, on peut parler de film d’auteur grand public tant la pâte de Cooper est visible sur chaque plan du film.

Mais Cooper laisse-t-il assez de place pour l’autre star du film, Lady Gaga ? La question pourrait tout aussi bien être inverse, tant la chanteuse crève l’écran, dépassant ses limites pour nous prouver qu’elle est aussi une très bonne comédienne. Et elle nous achève lors de la séquence finale en alliant ses talents de chanteuse et de comédienne dans une séquence qui ne peut que nous empêcher d’émettre le moindre son, le moindre mouvement, tant elle est réussie.

Ainsi, le propos du film s’accompagne de l’investissement et du dépassement que ses deux principaux protagonistes ont fait pour mener ce projet à terme. Et malgré le poids que prennent ces pointures, les autres acteurs arrivent à s’imposer, notamment Sam Eliott.

Certes, le film a parfois ce côté brouillon spécifique aux premières réalisations, on pourrait lui reprocher quelques scènes trop candides. Mais la magie opère dès le début du film, et on se laisse emporter avec plaisir dans ce conte musical.

Nous faisant tant rire que pleurer, rêver tout en nous ramenant à la réalité dure, A Star is Born porte bien son nom. Une étoile est née, c’est le film lui-même.

 

Raphaël Caillet-Motte

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