En ce lundi 20 novembre 2017, Cactus a organisé le débat entre les trois listes candidates ; Alternative Étudiante, La démocratie sur son 31 et Porte-voix (dans l’ordre alphabétique) pour représenter les étudiants au CA.

 

La fin d’une campagne virtuelle ?

Au-delà des difficultés techniques, le débat s’est plus apparenté à une rencontre entre listes plutôt qu’à un véritable débat. Le déroulement de la soirée était organisé d’une manière qui n’incitait pas à l’échange d’idées et à leur questionnement comme on s’y attend dans un événement de ce genre. Les têtes de listes (on passera sur la grande présence de testostérone, mais où sont les femmes ??) ont d’abord présenté rapidement leur programme avant d’aborder divers sujets successivement. Les différentes listes ont alors dû envoyer un représentant sur l’estrade afin qu’il explique comment leur programme traitait cette question. Ensuite, ces mêmes représentants se sont fait face pour une tentative de mise en concurrence. Les sujets traités étaient multiples : frais de scolarité et amélioration des conditions de vie des étudiants, la question du féminisme, celle du déménagement, la mobilité, comment reconnaître l’engagement étudiant, le développement durable, la FNSP et l’enseignement. Cactus a eu raison d’organiser un débat car ce fut le moment pour les listes de se présenter en tant que véritables représentants et de quitter l’abstraction virtuelle des profils Facebook. En effet, il semblerait que la campagne ait jusque-là davantage pris place sur les réseaux sociaux et que certaines listes ne se soient pas beaucoup confrontées au terrain ou aux étudiants. C’est à celui qui aura le plus de likes qui gagnera. Sauf que cela ne contribue pas à rendre les revendications plus palpables, plus intelligibles, plus percutantes. On est alors bien loin du pouvoir discursif des sophistes qui étaient eux capables d’imprégner toute une foule de citoyens.  Une mobilisation sur Facebook, elle, a tendance à créer une attraction autour d’une personnalité (que l’on connaît éventuellement), à impacter par la sympathie, quitte à ramener l’argumentation au second plan. Le risque est qu’on lise en diagonale, qu’on scrolle et qu’on oublie presque instantanément. Le débat était l’occasion de voir pour de vrai tous les candidats, de les confronter à leurs contradictions, de comprendre leurs différences. Malheureusement, le public n’était pas vraiment au rendez-vous.

 

Mais il est où le débat ?

Si vous étiez là pour assister à un spectacle virulent, pour voir du sang et des larmes couler, à l’instar des débats explosifs de la Grande scène politique, vous avez probablement été déçus. Le débat se résumait à quelques minutes de discussion presque monotone après chaque thème abordé et s’apparentait surtout à un droit de réponse ou à une mise en accord sur un projet plutôt qu’à une réelle confrontation. En même temps, il n’y a pas eu de réelles oppositions entre les listes. AE et PV étaient plutôt d’accord entre eux. On a failli lancer une alerte disparition pour la Démocratie sur son 31 tant ils semblaient invisibles (un choix qu’ils assument, décidant de rester en retrait pour observer). Ils se sont finalement réveillés lors de la question sur le déménagement et de celle des mesures contre la FNSP, seul moment de désaccord entre AE et PV. Enfin, le climax de la soirée a éré atteint lors de l’épineuse question de la FNSP, la Fondation Nationale des Sciences Politiques. Les deux listes regrettaient de la part de cette organisation de ne pas apporter plus de soutien financier aux IEPs en-dehors de la capitale, la quasi-totalité de son budget étant reversée à Sciences Po Paris. Cette question fut l’occasion de rendre compte de la véritable différence entre AE et PV. S’ils étaient d’accord sur le fond, ils ont été loin de l’être sur la manière dont ils allaient traiter ce problème. Alternative Étudiante a reproché l’insuffisance de l’envoi d’une lettre sans que rien ne soit prévu par la suite (eux n’ont encore rien fait sur cette question). Alors que Porte-Voix porte une vision locale et apartisane, Alternative étudiante s’inscrit dans un contexte global et multipartisan. Ce sont des positions radicalement opposées qui mettent en valeur le clivage entre les deux listes. Elles ont alors abandonné la politesse et la bienséance pour véritablement (enfin) se lancer dans l’arène. La médiation de la Démocratie sur son 31 n’a rien changé, personne n’est tombé d’accord sur ce point. Zut, la mission de casques bleus commence difficilement. A part sur ce point, les échanges ont surtout mis en valeur le fait que chaque liste était ouverte aux projets, très concrets et dans l’ensemble réalistes, proposés par les différents programmes, montrant que chacun n’était pas opposé à travailler ensemble. Malgré quelques piques et des désaccords surtout sémantiques (politique / politisé, développement durable / écologie) donc, il n’y avait rien de bien méchant. On espère maintenant que cet événement a pu déterminer la décision des derniers indécis et que la mobilisation des étudiants ce jeudi soit plus importante que celle lors du débat.

Aurélie Loek

2 thoughts on “Un débat qui manque de piquant”

  1. Cet article est vraiment très désagréable à lire entre les erreurs de syntaxe, quelques fautes d’orthographe grossières, et des tournures de phrase très maladroites …

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