Du 2 au 17 septembre, comme chaque année depuis 29 ans, le festival du photojournalisme a envahi la ville de Perpignan.

Un festival engagé et mobilisé

Événement incontournable, ce festival est l’occasion d’admirer de nombreuses séries de photographies exposées dans les différents monuments historiques de la ville. Le festival Visa pour l’image est international. Il couvre l’actualité des quatre points du monde. Manifestation engagée et mobilisée, elle abolit les frontières en témoignant de ce qu’il se passe ailleurs. Il est en parallèle inscrit dans l’identité de la région. En effet, il permet aux visiteurs de découvrir les recoins de cette ville de Perpignan et donne à voir une partie de son histoire.  Ouvert à tous, il donne l’occasion aux élèves des alentours  d’y assister avec une période du festival qui leur est réservée. C’en est près de 10 000 de toutes sections qui ont pu aller voir les expositions l’année dernière. Cette manifestation est l’occasion de découvrir le travail d’hommes et de femmes qui consacrent leur vie à montrer celle des autres. A travers les différents prix dont les visas d’or, ce festival rend hommage à ces professionnels qui n’hésitent pas à mettre leur vie en danger pour rapporter ce qu’il se passe à l’autre bout du monde.

Des photos d’une violente actualité

Pour cette 29ème édition, les différentes expositions retracent l’actualité de l’année. C’est une actualité particulièrement marquée par la guerre et la violence qu’on retrouve dans ces photos. Que ce soit entre le sang qui macule le sol d’une cuisine aux Philippines dans l’exposition de Daniel Berehulak pour le New York Times ou les photos de Marco Longari dans son exposition Tumultes et solitude en Afrique, en passant par les nombreuses séries consacrées à la guerre en Syrie ou par celle, poignante, de Zohra Bensemra, Des vies sur le fil. A chaque fois, on peut voir une preuve que la violence est là, de manière ouverte ou juste menaçante, physique ou morale, même dans des photos qui semblent pleines de joie. Tour à tour saisissantes et / ou surprenantes, on passe d’une photo à une autre dans un léger vertige, accumulant les images chocs, les photos révoltantes, celles qui nous marquent et qu’on ne peut oublier.

Un festival d’émotions

Ces photos rendent les visages et les émotions. Les villes ne sont plus simplement un point sur les cartes mais un ensemble d’êtres humains. Elles donnent aussi de la visibilité à des cultures et à des événements dont on n’a pas fait attention, qui ont été écrasés par l’actualité ou qui sont tout simplement oubliés. C’est le cas de la puissante série de Darcy Padilla intitulée Dreamers qui montre la tribu Oglagla Lakota de la réserve de Pine Ridge. Parce que le photojournalisme répond à une double mission. D’abord, celle d’illustrer et d’informer. C’est dans ce but que les légendes qui accompagnent les photos sont importantes. Elles permettent de ne pas perdre le fil, de replacer les images dans un contexte, de rappeler les enjeux et de remplacer l’article qu’elles auraient dû accompagner. Le deuxième objectif est celui de témoigner. En ce sens, ce festival accomplit un travail magnifique. On est happé par ce que montrent ces photos, par ce qui ne se passe pas si loin que cela. Plutôt que de magnifier cette violence, ces photos répondent surtout à ces deux missions tout en permettant de rendre réel ce qu’on pourrait avoir du mal à percevoir par les mots. A travers les photos, quelque chose se transmet, de là-bas à ici, les regards se croisent, la distance est abolie, du moins pour un instant.

Photo extraite de l’exposition de Marco Longari, Tumultes et solitude en Afrique

Vous pouvez encore découvrir les expositions et certaines photos sur le site du festival : http://www.visapourlimage.com/festival/expositions

 

Aurélie Loek

 

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