Déchirement de l’intérieur – les voix ne se tairont donc jamais ? Le sang se mêle aux larmes, un goût salé se déverse sur mes lèvres. La réalité, comme un incompressible rappel aux faiblesses de mon corps, se dresse, fière, contre mes rêves les plus doux. Cet amoncèlement de cris persistants et rauques plongeraient n’importe quelle âme prude dans les braises de la folie. Tout en moi s’enflamme d’un désespéré salut. Je ne crois plus en ce qui autrefois, avait pu me bercer d’illusions réconfortantes. Le Vrai est sec, mordant, il me désincarne de toutes mes plus belles rêveries. Il n’y a plus, au loin, cette lueur vacillante, qui brille de sa naïve joie. Non, tout n’est désormais plus que cendres et pourpre. Le charbon coule dans mes veines et je m’embourbe dans mes dernières solitudes. Je pourrais faire cesser le bruit ; maintenant. Le seul silence me paraît être mon destin le plus accompli. Pourtant, une force en moi, que je ne saurais saisir, me fait me complaire dans ce brouillon carnage. Je me satisfais de l’incessante souffrance, je me surprends à trouver mon confort dans cette prison de tortures. Je me tais à écouter ce que l’on m’hurle et m’assène, hypnotique. Et toi, dis moi ; à ma place, voudrais-tu que les voix se taisent ?

 

 

PEDROSA Célia

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