Je décèle, en moi, une obsession charnelle qui martèle mon esprit à coups de manque. Hier, la plénitude ; aujourd’hui, l’absence. On ne saurait savourer les bribes de réminiscence alors que des rêves éveillés viennent de s’effacer, jusqu’à s’évanouir, rendant leur dernier souffle aux mémoires du passé. On ne saurait, non plus, détacher nos pensées de cette danse qui, il y a si peu et si longtemps à la fois, a fait se fondre nos corps entrelacés dans une ronde de sentiments. Hier, l’éclosion ; aujourd’hui, l’érosion. Je voudrais pouvoir me souvenir, sentir l’empreinte de tes baisers sur ma peau, mais cette dernière est désincarnée par l’ébriété de mes émotions. Je voudrais pouvoir te le dire, te souffler les mots, lèvre contre lèvre, joue contre joue, mais n’ont-ils pas disparus dès lors que nos mains se sont lâchées ? Hier, l’éveil ; aujourd’hui, le réveil. Tout de toi m’a imprégnée, et persiste cependant, à chaque battement de cils, la désillusion d’une remémoration sans couleurs. Cette nuit, je ne peux la penser que dans la perplexité de mes pensées à l’arrachée. Elle fut décadence et avancement, le lieu du vice renversant la vertu, et, l’espace d’un instant, l’émancipation spirituelle de deux âmes bridées par la teinte d’une existence malaisée. Hier était libre, naïf, survoltant, virevoltant, incisif. Aujourd’hui est un retour aux contemplations torturées, la réalité d’un monde que l’on observe sans en saisir les contours précis, l’essoufflement partiel et temporaire d’une agitation sensuelle. Hier, la liberté des consciences; aujourd’hui, leur réincarcération.

 

 

PEDROSA Célia

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