Ce sont quarante-deux regards
Fixés sur un grand tableau noir,
Quarante-deux..

Des têtes droites aux cheveux courts
Sans bruit repassant un discours
Sur les milieux :

« Selon l’exemple général
D’un quadrilatère banal,
On admettra… »

Oh ils admettent ! Au dessus d’eux,
L’autorité, reine des lieux,
Comble son roi.

Et par-delà les théorèmes,
Au fond un quarante-troisième,
Le dos courbé,

Compte les ombres des passants
Et observe au rythme du temps,
La pluie tomber.

Elle qui dépose ses gouttes
Meurtries par leurs si longues routes
Tout près de lui.

Alors il se rêve marin !
Et déjà sur son bateau peint,
Tombe la pluie.

Il tremperait jusqu’à son cœur !
Laissant l’air sec des radiateurs
Sécher les fous.

Et pourtant tout près, chacun d’eux
Porte un visage joyeux
Qui rit de tout.

Et malgré son bateau rêvé,
Le roi la reine et leurs sujets
Resteront là.

Ce sont quarante-trois regards
Fixés sur un grand tableau noir,
Quarante-trois

 

#1

E.A.

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