L’organisation altermondialiste ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) a été fondée en 1998 en France, et est aujourd’hui présente dans 38 pays.
Jean Michel Coulomb est d’ATTAC France, il est le coordinateur de la campagne contre les traités de libre échange.

 

 

Antonin Lamy : ATTAC est une association de 10,000 adhérents, pas un parti. Pourquoi ce choix ?
Jean Michel Coulomb : Je suis à ATTAC depuis 2000. Quelles que soient les situations et les périodes, il faut des organisations progressistes dans la société civile autonomes des organisations politiques pour se former soi-même, informer les citoyens (ce qu’on appelle « faire un travail d’éducation populaire »), et maintenir le cap même si les partis amis arrivent au pouvoir. Quelles que soient les périodes et les circonstances, la société civile progressiste doit être indépendante du pouvoir politique. Nous nous efforçons de faire le lien entre l’économie, la financiarisation de l’économie et du monde, et l’aspect écologique (réchauffement climatique, dégradation de la qualité de l’air et de l’eau, de l’alimentation), lié en grande partie à la structure économique du monde. Un point très important est le poids pris par les sociétés transnationales : tout ce qui est fait à l’heure actuelle au niveau international va dans leur sens. Ma conviction profonde est qu’il faut savoir « où on est », et c’est à partir du moment où on a cette compréhension qu’on comprend qu’il faut faire quelque chose. Sinon on peut se décourager assez vite, on peut se laisser influencer, et suivre les moutons jusqu’au moment où les choses vont aller de plus en plus mal, et on a l’impression que nous sommes rentrés dans ce type de période. Quel que ce soit le thème que l’on considère : écologie, économie, science et technologie ; historiquement, les sciences et technologies ont toujours été instrumentalisées par les « maîtres du monde », qui ont de plus en plus de pouvoir et les instrumentalisent plus que jamais pour instrumentaliser les choses et les gens. On donne des outils à des gens qui n’en font pas forcément un bon usage. Or aujourd’hui celles-ci développent des capacités d’instrumentalisation en tout genre jamais atteintes.

 

« il faut savoir où on est, et c’est à partir du moment où on a cette compréhension qu’on comprend qu’il faut faire quelque chose. »

 

Pour ce qui est du fonctionnement, comment s’articulent aujourd’hui les comités locaux et la direction nationale ?
Il y a en fait deux types d’adhérents :
– des adhérents directs, comme dans la plupart des organisations
– des organisations, syndicats (la FSU, Solidaires, des syndicats CGT, la Confédération paysanne), des journaux (Alternatives Économiques), des organisations de chômeurs, etc.
A ces deux types d’adhérents correspondent deux collèges au sein du Conseil d’Administration renouvelé tous les 3 ans. Chaque collège envoie un certain nombre de représentants au CA (direction nationale) qui donne l’impulsion à ce qu’on fait.
Les adhérents directs peuvent se regrouper en comités locaux. Il y a une autonomie des comités locaux, qui font ce qu’ils veulent du moment que ce n’est pas incompatible avec ce qui n’est pas donné par le CA. Il faut amener les citoyens à s’engager. Il y a une conférence des comités locaux qui se réunit 3 fois par an. Et le CA tient compte de cet avis, c’est un poids fort. Les commissions thématiques ouvertes aux adhérents qui le souhaitent jouent aussi un rôle très important.
Il n’y a pas de parti politique dans ATTAC car nous voulons rester indépendants, mais des adhérents sont aussi dans des partis. Ce qui est une bonne chose car cela permet d’y faire passer naturellement nos analyses et propositions.

Puisque vous dites vouloir rester indépendants du politique, je suppose que vous refusez de percevoir des subventions publiques et que vous comptez sur les cotisations et dons pour vous financer ?
Effectivement on compte essentiellement sur les cotisations et les dons. Les subventions publiques (sur projets) sont très marginales.

Comment fonctionne le réseau « ATTAC Europe », qui est constitué de plusieurs dizaines d’associations ?
Ce réseau est constitué d’associations qui ont leur fonctionnement propre, c’est un réseau pas un comité central (Rires), il peut y avoir des modes d’organisation, des projets en cours etc qui peuvent être assez différents. Mais c’est un réseau très utile pour prendre des décisions communes et faire des actions, discussions et campagnes communes : l’université d’été des mouvements sociaux a été lancée par ATTAC Europe. Les associations du réseau sont généralistes, il y a un texte commun d’adhésion à ce réseau. C’est ATTAC France qui a lancé ce réseau mais certaines associations comme ATTAC Allemagne sont très importantes dans leur pays.

Décrivez-moi votre quotidien militant (type d’action, fréquence etc) au niveau local ?
Chaque comité local a ses modes propres, ça peut être des actions de rues : tractage, collage, des réunions publiques, des séances de cinéma-débats, l’intervention sur les réseaux sociaux, des actions de désobéissance civile non violentes. Tel emprunter quelques sièges dans les agences de BNP par exemple et les rendre quand cette banque sort d’un paradis fiscal. Ils ont commencé à nous poursuivre pour cela puis ils ont abandonné.

Avez vous une démarche à la Greenpeace, c’est à dire ne pas s’opposer sans proposer de solution alternative ?
Effectivement, on essaie de proposer des solutions alternatives sur les thèmes dont on s’occupe. Car contrairement à ce que le discours officiel continue de nous assurer, il y a d’autres voix possibles. Faire à 180° ce que font Macron et ses semblables qui mobilisent toutes les ficelles de la communication, pour ne pas dire de la propagande. Personnellement, j’aime que les gens assument leurs positions, même si elles sont opposées aux miennes ; on peut avoir un débat intellectuel honnête. Mais dire que la nouvelle loi travail « c’est un grand progrès social » alors qu’elle est à l’inverse de l’esprit du code du travail et le détruit, c’est scandaleux. Je considère que sur ce sujet là c’est le gouvernement le plus réactionnaire qu’on a depuis la monarchie de Juillet. Socialement scandaleux et éthiquement inadmissible.

 

        « Personnellement, j’aime que les gens assument leurs positions, même si elles sont opposées aux miennes ; on peut avoir un débat intellectuel honnête »

 

Sous un angle plus politique, votre position en faveur de l’union des forces progressistes signifie-t-elle que vous aviez une position positive vis-à-vis du Front de Gauche ?
Nous n’avons jamais eu de discussions sur une position qu’on devrait avoir vis-à-vis du Front de Gauche, dont d’ailleurs EELV n’en faisait pas partie ; ou de tout autre regroupement ou mouvement politique. ATTAC est pluraliste et ne va pas travailler de façon préférentielle avec des organisations politiques. Il n’y a d’ailleurs pas d’homogénéité politique dans le vote des adhérents lors des élections nationales.
Mais une des caractéristiques d’ATTAC est de travailler aux convergences : des gens de divers horizons en théorie d’opinions divergentes peuvent se rapprocher. Et via ces gens parfois engagés dans les partis, nos propositions peuvent être saisies par ces partis. On travaille à faire converger les progressistes vers les critiques et les alternatives de facto ; mais on ne rentre pas dans le maelstrom politique. Ceci-dit nous considérons qu’il vaut mieux pour la lutte une force qui va dans le même sens et qui prolonge les propositions de la société civile progressiste, mais sans faire de campagne pour l’unité. Mais oui, selon les thèmes on sera plus proches d’une organisation politique ou d’une autre. Par exemple on a peu d’atomes crochus avec l’ex-UMP …. Mais il y a eu quelques adhérents du MoDem dans ATTAC. Un des objectifs est que les citoyens réfléchissent et cessent d’être bridés par le système.
En résumé, au niveau de l’offre politique au sens parti, ce n’est pas notre mission de travailler à l’alternative partidaire de façon directe, puisque nous nous positionnons comme force de la société civile.

 

  « Ce n’est pas notre mission de travailler à l’alternative partidaire de façon directe, puisque nous nous positionnons comme force de la société civile »

 

Votre université d’été fut un beau succès : 2 000 personnes. Quels étaient les chiffres les années précédentes ?
Entre 1000 et 1500 les autres années. Aurélie Trouvé* m’a dit plus de 2000 personnes le jeudi soir, et il y a en général de nouveaux gens le week-end.

Le nom ATTAC indique qu’à la base il s’agissait surtout de lutter contre l’expansion de la finance… mais aujourd’hui vous avez aussi d’autres piliers tels que la migration. Est-ce venu parce que vous prônez une autre mondialisation ou prônez vous une autre mondialisation car vous soutenez les migrations dans un souci de cohérence ?
L’immigration n’est pas à proprement parler un des thèmes clé d’ATTAC aujourd’hui. Nous restons sur le problème du néolibéralisme : la financiarisation de l’économie, les paradis fiscaux, le poids des transnationales, l’Europe, l’extractivisme des ressources naturelles auquel ils se livrent et nous livrent, c’est notre « cœur de métier ».
Les autres sujets, par exemple les migrations, on les traite à cette aune du néo-libéralisme : on essaie de faire des liens avec notre « cœur de métier ». Je veux dire par là que nous ne traitons pas la chose comme des associations axées directement sur ces sujets-là. Mais on arrive à travailler ensemble avec elles. Certaines associations font du très bon travail, mais vont moins loin sur l’analyse des causes. Bien sûr ils le font aussi, nos discours convergent. C’est valable aussi pour le logement par exemple, ou Greenpeace pour l’environnement. On est « généralistes » (Rires), donc on ne va pas mettre les mêmes accents que des associations plus « spécifiques ». Mais tout ce beau monde se rencontre dans les forums sociaux et les actions.

L’instauration de la taxe Taubin pour désinciter la spéculation était votre objectif premier lors de la fondation. Pourriez-vous expliquer ce que c’est et si c’est toujours le cas ?
C’était un peu notre « produit d’appel ». La taxe Taubin c’est de faire admettre une taxe sur toutes les transactions financières qui se font à la fraction de seconde et qui sont pour une grande part purement spéculatives, ce qui cause beaucoup de problèmes et de misère dans beaucoup de pays. Les revenus de cette taxe pourraient permettre de pallier à certains défauts du système. Mais nous sommes plus larges que cela : nous voulons détruire les paradis fiscaux, démanteler la fiscalisation en faveur des plus riches, faire la transition énergique… La taxe Taubin, Ce n’est pas l’objectif central, mais c’est plutôt une illustration de notre projet.
Il a été question de l’apporter au niveau européen il y a deux ans, sous le nom de taxe sur les transactions financières. Ca a failli passer, mais ça a été vidé de sa substance par celui qui a été élu en disant « mon ennemi c’est la finance », celui qui voulait séparer banque d’affaire et banque de détail, et celui qui avait comme conseiller économique … un certain Emmanuel Macron. Pour être complet, on peut dire que si Hollande a creusé la tombe de cette réforme, Macron, en disant qu’on verrait après le Brexit plante les clous du cercueil, car en parallèle il essaie d’attirer les traders qui fuient la City à Paris ! Donc il est clair, une fois de plus, qu’il nous prend pour des idiots.

 

Qui soutient la Taxe Taubin en France et ailleurs ?
La taxe Taubin a un soutien de beaucoup d’associations, y compris la fondation Hulot. Chez les intellectuels, Piketty, Stiglitz, etc.. Des associations importantes comme Oxfam ou des syndicats comme l’AFL-CIO aux USA l’ont reprise. Et même des gens bien plus à droite comme Georges Soros (le spéculateur qui un temps a fait tomber la livre).

Qui fait le plus de désinformation sur vous, prétendant par exemple que vous êtes anti-mondialisation alors que vous êtes altermondialistes ?
Des gens limités intellectuellement ou explicitement malhonnêtes nous accusent de cela parfois, des gens du PS me l’ont déjà dit. Mais ça ne tient pas avec ce que l’on propose : on a des solutions globales, pas la mise en autarcie de chaque pays. A commencer par la taxe Taubin comme on disait, l’environnement et le climat c’est la même chose, ça a peu de sens d’être seuls. Donc 17 ans après notre création ceux qui nous disent encore ça, ils peuvent se ridiculiser c’est leur droit le plus strict.

Les seules actu que j’ai trouvé sur vous je les aient trouvées essentiellement sur Mediapart… souffririez-vous d’un manque de couverture des médias mainstream ?
Oui c’est très clair, et on est très loin d’être les seuls. Les médias mainstream font leur travail, ils véhiculent le discours ambiant donc ils ne se précipitent pas pour relayer ce qu’on peut sortir. Cela ne veut pas dire que de temps en temps il n’y a pas un truc qui passe mais ils vont parler plus des choses qui n’ont aucun intérêt que du fond des choses. Ils préfèrent les débats sur la charte de la Première Dame ; mais sur les choses plus importantes c’est filtré. Les principaux médias sont détenus par de très gros actionnaires dans ce pays, où les journalistes ont évidemment du mal à faire un travail objectif.

Comment cela se fait-il que l’université d’été de la FI et d’ATTAC soient tombées exactement en même temps ? Hasard malheureux ou concurrence ? Des gens auraient sûrement aimé aller aux deux…
Ni l’un ni l’autre. La plupart des universités d’été sont fin août, elles ont tendance à se chevaucher.

Avez vous participé à l’élaboration du programme de l’Avenir en Commun ? Car la FI se targue d’avoir consulté des associations, des syndicats etc.
Non, pas de façon directe. On n’est pas dans le même créneau, eux veulent arriver au pouvoir et nous nous voulons que des idées arrivent au pouvoir mais pas par notre intermédiaire physique. Mais nos productions ont eu une influence sur ce qu’ils ont produit eux. Il n’y a pas eu de demandes formelles de FI à ATTAC pour le programme. Mais ils n’ont pas besoin de nous rencontrer pour avoir nos positions, on a plein de militants en commun. Mélenchon a déjà dit dans des meetings qu’il s’était inspiré d’ATTAC, tant mieux on est là pour ça. Nous faisons ainsi partie des organisations les plus techniques sur les traités de libre-échange et qui interprètent mieux le sens historique profond de tout ça (la livraison du monde aux transnationales).

 

        « Nous nous voulons que des idées arrivent au pouvoir mais pas par notre intermédiaire physique »

 

Quelle est votre position personnelle sur la question « est-ce qu’ATTAC doit se fondre dans la FI ou non » ?
Se fondre n’a aucun sens puisque nos fonctions ne sont pas les mêmes ! A moins de changer complètement notre association (ce qui n’est aucunement à l’ordre du jour). Dans notre projet ce n’est pas intéressant. Les militants d’ATTAC n’ont pas envie d’être ministres. Et si certains sont candidats à des élections, notre charte mentionne qu’à partir de là ils ne doivent pas mentionner dans leur campagne électorale qu’ils font partie d’ATTAC. Nous évitons la confusion des genres sans être fermés. Une fusion avec la FI ou toute autre organisation partidaire ne sera jamais soumise aux voix des adhérents.

Dans le même thème, vous disiez que les membres d’ATTAC ne veulent pas être ministres en tant qu’ATTAC. Ainsi peut-on dire que êtes vous d’accord avec Zoi Konstantopoulou, ancienne Présidente du Parlement grec, qui déclare que le problème est que comme les politiciens de Syriza sont des anciens de la société civile, « Les mouvements sociaux ont perdu leur autonomie vis-à-vis de Syriza, et lorsque Tsipras a trahi, la plupart des cadres gouvernementaux ont préféré rester au pouvoir plutôt que défendre le mandat populaire. Si les mouvements sociaux cèdent à un parti, et que ce parti perd sa notion de fidélité au peuple, c’est la recette de l’échec ». Et d’ajouter à titre d’avertissement  « La Grèce est le futur de la France, de la Belgique, de l’Allemagne. » ?**
A titre personnel oui. Ce n’est pas une position clairement dite par ATTAC. Certains militants se diront vraiment dans le contre-pouvoir, d’autres voudront créer un lien avec la sphère politique… Deux écueils à éviter : le splendide isolement, c’est-à-dire on ignore la sphère politique, voire le « ne votez pas » ; et ceux qui vont suivre un parti sans trop réfléchir. Il y a sans doute une ligne à trouver, qui est claire sur les dangers du pouvoir et le bilan historique, mais qui comprend qu’on ne peut pas se contenter que le vote de 18 % d’inscrits au premier tour des présidentielles[le vote pour Macron NDLR]; et de 14 % des électeurs inscrits pour les législatives permette à un monarque élu de faire la loi. Qu’il est souhaitable qu’une force politique fasse passer des mesures progressistes.

 

        « On ne peut pas se contenter que le vote de 18 % d’inscrits au premier tour des présidentielles[le vote pour Macron NDLR]; et de 14 % des électeurs inscrits pour les législatives permette à un monarque élu de faire la loi. »

 

A votre université, Omar Slaouti a déclaré « Vous achetez une bonne paire de baskets le 9 septembre, et vous ne la quittez plus de l’automne » mais quelles chances avons nous alors que Macron s’est fait élire sur ce programme et qu’il a d’avance annoncé qu’il ne céderait pas ? Pour vous, la France est-elle prête au combat ?
A priori avec l’élection de Macron nous n’avons pas crée les conditions de renverser la table. Je dis a priori car quand un pouvoir va trop loin, cela peut créer une situation qui n’est pas souhaitée par les 1 %, à savoir exactement l’inverse, ça peut exploser. Tout peut arriver et nul ne peut prédire l’Histoire (ce qui serait antinomique de ce concept). Toute action politique a un effet, même si un moment on a l’impression de perdre la bataille. Le curseur s’arrête là où est le rapport de force, si on ne fait rien on peut repartir au XIXe siècle. Toute force tend toujours à l’expansion, il n’y a aucune limite, qu’il s’agisse d’une personne, d’un État ou d’une idée, s’il n’y a pas de résistance aucune régression n’est impossible. Surtout qu’avec les progrès scientifiques, les dirigeants ont un pouvoir inimaginable. Donc toute action politique victorieuse ou apparemment perdue influe sur la suite des choses : dans le dernier cas on limite la casse, on fait progresser des gens, on progresse soi-même. On pourra peut-être renverser la vapeur un jour ou l’autre. Si à Dunkerque tout le monde s’était rendu, on n’aurait pas pu se redéployer plus tard, c’est ce qui rend la bataille de Dunkerque importante dans la Seconde Guerre Mondiale. Prenons la bataille pour le CETA. Ça nous permet d’ouvrir l’instruction sur ce que sont en réalité les transnationales, où elles sont établies, donc là où elles apportent de l’emploi, et où elles, en tant que sociétés, et leurs actionnaires principaux paient leurs impôts (faible puisqu’elles utilisent à fond les paradis fiscaux), donc où elles apportent une contribution à la « richesse des nations », bref de montrer que, contrairement au discours dominant manipulateur, elles ne sont en rien des entreprises nationales (françaises en l’occurrence) mais des entités qui en fait se placent au-dessus des États.

 

        « Si on ne fait rien on peut repartir au XIXe siècle »

 

Un dernier mot pour nos lecteurs/trices étudiant(e)s ?
Je pense que tout le monde se rend compte qu’on est dans une société qui parle toujours plus de sécurité. Alors que de plus en plus c’est l’insécurité écologique, du travail…
Nous ne réalisons pas la richesse potentielle de notre civilisation, on a des émissions à la télévision d’une pauvreté affligeante. Compte tenu des avancéesq technologiques, nous sommes dans une période charnière de l’Humanité telle qu’on n’en a pas eu depuis le néolithique : nous avons de grandes possibilités mais aussi de grands dangers devant nous. Il faut donc être lucides, s’informer et s’informer, et apporter sa contribution en tant que personne au collectif. Il n’y aura jamais de fin de l’Histoire tant qu’il y aura des êtres pensants ! On nous explique que le marché c’est la paix, mais c’est aussi tout le contraire : ce qui se passe en Ukraine ou dans les pays africains ce ne sont que l’expression des intérêts contraires d’oligarques. Donc si on ne veut pas à terme aller mourir stupidement pour des gens qu’on ne connaît même pas il faut avancer dans notre compréhension du monde et faire avancer celle des autres.

 

Propos recueillis par Antonin Lamy

 

* coprésidente d’Attac France de 2006 à 2012, docteur en sciences économiques, aujourd’hui maître de conférences à AgroParisTech NDLR
** https://blogs.mediapart.fr/antoine-montpellier/blog/270817/le-mouvement-social-serait-il-soluble-dans-la-france-insoumise

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