Deux buteurs mais un seul vainqueur, la sublime volée de Gradel n’ayant pas suffit aux Violets

 

Après deux beaux succès en quelques jours, pour un enthousiasme retrouvé, les Toulousains sont redescendus sur terre ce samedi. Face à des Alsaciens toujours poussés par leur fervent public, les Toulousains auront résisté, pourtant pas toujours aidés par les décisions arbitrales. Mais ce revers laisse encore transparaître des lacunes criantes, que la bonne volonté exprimée, certes sur un terrain déficient, n’aura pas réussi à cacher. En effet, si la prestation toulousaine a paru relativement correcte sur plus d’une heure, on aurait pu attendre des Pitchouns plus de percussion dans les dernières minutes, alors que l’équipe n’avait plus qu’à tout tenter pour ne pas revenir bredouille de Strasbourg.

Composition Strasbourg : Bonnefoi – Lala, Mangane, Koné, Seka – Aholou, Martin, Goncalves, Liénard – Blayac (Bahoken 76e), Da Costa (Grimm 87e).

Composition Toulouse : Lafont – Yago, Diop, Jullien, Amian – Somalia, Imbula (Jean 63e), Cahuzac (Toivonen 58e), Blin (Boisgard 68e), Gradel – Delort.

A réaction, le Tef a été plutôt bon

Un déplacement en Alsace, face à une équipe en pleine bourre, sous la pluie et sur un terrain déplorable ; autant dire qu’avant même le début du match, la bataille s’annonçait rude pour les Toulousains. Et la tournure du début de rencontre n’était dès lors pas si surprenante, les locaux cherchant à prendre d’entrée les commandes, face à une équipe sudiste pourtant vaillante. Ainsi, c’est Gradel qui frappe le premier (8e), mais bien Blayac, l’attaquant strasbourgeois, qui met le premier en danger le camp adverse (10e). Lafont est vigilant, et annonce la couleur d’une soirée qui le verra briller. C’est Strasbourg qui met dans cette entame de match le pied sur le ballon, et le Tef procède principalement par attaques rapides. Malgré tout, c’est bien sur une phase arrêtée que les Toulousains vont se montrer une première fois dangereux, Jullien ne parvenant pas à rabattre suffisamment sa tête, sur un centre précis de Cahuzac (17e). Strasbourg va par la suite mettre le feu dans la défense toulousaine, surtout par l’apport de son attaquant Da Costa. Les Toulousains sont dépassés et commettent des fautes grossières aux abords de la surface. Mais c’est le penalty sifflé sur un tirage de maillot (très) peu évident de Blin sur Blayac (25e), qui va faire basculer cette rencontre en faveur des locaux. Transformés par Martin, les Toulousains se sentent certainement floués (j’en déduis ceci de leur réaction du moins) par cette décision. Mais cela n’empêche pas les hommes de Dupraz de rester mobilisés dans le match. Et il ne faut pas plus de 5 minutes à Gradel pour remettre son équipe sur de bons rails, d’une magnifique reprise de volée à l’entrée de la surface (30e). Toulouse va de l’avant et se procure une nouvelle grosse opportunité, lorsque après avoir éliminé astucieusement un défenseur d’un petit-pont, Delort frappe le montant droit du but gardé par Bonnefoi (37e). Les Strasbourgeois sont eux davantage mis à mal, régulièrement signalés hors-jeu (alors qu’1 ou 2 fois, Blayac était couvert et semblait légitime de partir seul se présenter face à Lafont). Jusqu’à la mi-temps, Toulouse reste peu dangereuse, et Strasbourg n’inquiète la défense toulousaine que par le biais d’exploits individuels de Da Costa, à l’origine des 3 cartons jaunes donnés aux Toulousains par l’arbitre Mr Miguelgorry.

Rapidement mené, le Téfécé n’a pas su se rebeller

Le retour sur le terrain est un choc au sens propre comme au figuré. Pour les strasbourgeois d’abord, lorsque le défenseur Koné se retrouve au sol, sonné suite à un coup de coude de Somalia (47e). Puis le “vrai” choc est pour les toulousains, lorsque l’autre défenseur central strasbourgeois, Mangane, punit le laxisme de Jullien d’une somptueuse reprise de l’extérieur du pied (52e). Celle-ci termine dans la lucarne de Lafont. Il reste alors au Tef 40 bonnes minutes pour revenir au score. La physionomie du match change peu à peu et Toulouse commence à faire le jeu, les Strasbourgeois refusant de se livrer. Mais comme on peut le constater depuis maintenant plusieurs mois, le Tef a du mal à enchaîner les passes dans le camp adverse, d’autant plus face à une équipe regroupée, à la manière dont Strasbourg commence à évoluer. Ainsi, c’est Strasbourg qui est l’équipe la plus dangereuse, et il faut un Lafont impeccable pour repousser avec vivacité la tentative de Goncalves, qui se présentait seul sur un contre (63e). De même, l’international espoir se montre à nouveau à son avantage quelques minutes plus tard, s’envolant pour détourner la frappe limpide de Da Costa (66e). Les Pitchouns, eux, n’approchent réellement les buts alsaciens que grâce aux exploits individuels de Gradel, qui d’une lourde frappe lointaine, oblige Bonnefoi à se détendre (71e). Et c’est finalement malheureux à dire, mais c’est la seule réelle occasion franche pour les Toulousains dans cette seconde période, malgré la volonté affichée mais vaine de pousser sur le but strasbourgeois. L’arbitre renvoie les deux équipes aux vestiaires et il reste un goût amer sur le palais des Toulousains ce soir. Après une première mi-temps encourageante, Toulouse est retombée dans ses travers, ne trouvant la solution dans le camp strasbourgeois, avec seulement 2 passes sur 3 de réussies sur l’ensemble du match.

En bref

Ce déplacement délicat en Alsace avait tout du piège pour les Toulousains, après leur succès gratifiant face à Caen (2-0), puis mardi en Coupe de la Ligue, lors du derby de la Garonne contre Bordeaux (2-0). Face à des conditions de jeu difficiles, les Toulousains ont bien résisté avant de montrer leur incapacité à réagir efficacement sur la deuxième partie du match. Si Lafont a été à mon sens extrêmement précieux dans les buts, confirmant son énorme potentiel, Gradel a lui montré qu’il avait les qualités pour mettre à mal les défenses adverses. Jullien, pourtant excellent la saison dernière, a quant à lui une nouvelle fois déçu. Son carton jaune dans un premier temps, puis sa passivité sur le deuxième but strasbourgeois caractérise son manque de confiance flagrant. Il reste un dernier match avant la trêve, face à Lyon ce mercredi. Alors quoi de mieux que gagner pour redonner espoir aux supporters toulousains, qui attendent légitimement beaucoup mieux de leurs joueurs, et partir ainsi célébrer Noël sur de meilleures bases ? Réponses mercredi !

Yoann Grégoire, le 16 décembre 2017

 

 

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