Une nouvelle purge, cette fois-ci arrosée par la pluie, mais surtout par une défaite au goût amer, aura confirmé les doutes émis sur l’existence d’une réelle identité de jeu au téfécé. Il manque un ingrédient aux Toulousains pour proposer un spectacle attrayant, mais les hommes de Dupraz ne semble toujours pas avoir découvert la recette. Le Tef s’enlise dans le ventre mou du championnat (12ème au coup de sifflet final), et rien n’a semblé prêt à l’en sortir ce samedi.

Sous la pluie, les Pitchouns ont démarré endormis

Les Canaris, sous la houlette du désormais célèbre technicien Claudio Ranieri (vainqueur de Premier League il y a 2 ans, avec le surprenant club de Leicester), entendent bien se relancer, battus par Dijon la semaine dernière, après 8 matches sans défaite. Les Toulousains, qui eux souhaitent poursuivre leur série d’invincibilité, exhibent moins leurs ambitions que les Nantais dans le début de rencontre. Ces derniers vont au pressing, combinent, et sèment la panique dans un collectif toulousain qui ne parvient pas à se mettre en place. L’équipe de Toulouse est asphyxiée. Et alors qu’une tête de Sanogo (titularisé pour la première fois en Ligue 1 cette saison), qui passe près du but gardé par le nantais Tatarusanu, donne au Tef un peu d’oxygène, Nantes profite de l’apathie effarante de la défense toulousaine pour faire trembler les filets. Sala a la baguette, Thomasson a la finition, et une défense qui donne le bourdon… On se dit alors qu’il n’en fallait pas plus pour sonner le réveil toulousain. Il n’en est rien ! Si les Nantais se montrent un peu moins entreprenant, ils n’en maîtrisent pas moins le match, ratant à plusieurs reprises l’occasion d’alourdir le score. Une parade de Lafont suite à un cafouillage dans la surface, peu après la demi-heure de jeu, puis une reprise de Nakoulma, seul au second poteau, qui frôle le montant des violets après un bon centre de Lima, illustrent les difficultés toulousaines dans cette première mi-temps maussade, tant pour le jeu que pour le temps.

Un sursaut heureux mais c’est encore trop peu

Au retour des vestiaires, les supporters toulousains attendent sans doute beaucoup des consignes données à ses joueurs par Dupraz. Mais le jeu déployé n’est guère plus convaincant. Les Pitchouns cherchent davantage à ressortir proprement le ballon, mais restent contraints par des insuffisances techniques chroniques. La partie devient hachée, et à ce jeu-là, le Tef tire comme souvent ces derniers temps son épingle du jeu. Ainsi, alors qu’ils étaient inoffensifs depuis l’entame du match, les Toulousains trouvent la faille à l’heure de jeu. Suite à un coup-franc longue distance, Delort est trouvé à gauche de la surface de réparation nantaise et adresse un centre parfait pour la tête croisée d’Alexis Blin, qui ne peut être qu’effleurée par Tatarusanu. Mais l’espoir allumé par Blin n’est malheureusement que de courte durée. En effet, moins de 10 minutes plus tard, la défense toulousaine est à nouveau transpercée par un centre de Lima, sur lequel Sala réussit grâce à un incroyable grand-pont effectué de la poitrine (sur Sylla, médusé), puis frappe d’un tacle rageur et propulse le ballon dans le but toulousain pour la deuxième fois de la soirée. A partir de ce but, les Canaris jouent plus bas et les Toulousains prennent le contrôle du ballon. Cependant, les passes latérales qui se répètent n’apportent pas la solution, et le bloc toulousain reste cantonné à une quarantaine de mètres du but adverse. En fin de match, la frappe un peu molle de Toivonen, ainsi que le coup-franc d’Imbula, à l’entrée de la surface, repoussé par le mur, demeurent les seules opportunités qu’ont eues les Pitchouns pour revenir à nouveau au score. Finalement, le coup de sifflet final n’aura pas éteint les espoirs toulousains dans ce match, mais seulement bouclé une soirée qui n’avait rien de bien prometteuse …

En bref

Que dire de nos Toulousains aujourd’hui ? Qu’ils ont été amorphes, désorientés, faibles techniquement… tous ces adjectifs leur conviennent. Je ne saurais même pas qui retirer du lot ce soir tant la prestation des Violets a été brouillonne. Peut-être Delort, qui continue de se battre sur le front de l’attaque, et qui, s’il n’a pas marqué ce soir, nous a permis par un bon centre de revenir dans le match. Le fait qu’il ne totalise aucune occasion franche vient cependant illustrer une fois de plus la faiblesse offensive des Toulousains, qui commence à inquiéter sur les bords de la Garonne. Défensivement, Sylla, porté disparu sur le centre de Sala, côté gauche, amenant le premier but, puis complètement mystifié sur le second, n’a lui pas été un suppléant convaincant de Moubandje, blessé le week-end dernier. Une fois de plus, attendons le prochain match, la réception de Metz dans deux semaines, pour espérer voir le Tef reprendre, ou tout simplement prendre, de l’allant offensif.

Yoann Grégoire, le 5 novembre 2017

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