A ne pas savoir plier un match, on s’en mord bien souvent les doigts. C’est ce qu’ont dû se répéter les toulousains, dès lors que Mr Hamel, arbitre de la rencontre opposant Toulouse à Nice, a sifflé la fin de ce match. D’un résultat favorable à un quart d’heure de la fin, on est passé à une nouvelle déroute au coup de sifflet final. Celle-ci passe d’autant plus mal auprès des supporters, que tous les facteurs étaient réunis pour permettre aux toulousains de repartir avec les 3 points ce soir. Face à un adversaire humilié 0-5 par Lyon sur sa pelouse, seulement 3 jours avant le match de ce mercredi, Toulouse avait toutes les cartes en main pour se relancer, après n’avoir engrangé que 2 points sur les 4 derniers matchs de championnat disputés. Mais l’on se répète journée après journée, et rien ne semble s’améliorer.

 

Composition Toulouse : Lafont – Amian (exclu 79e) , Diop, Jullien, Moubandjé (Yago 51e) – Jean, Blin, Bodiger (Cahuzac 57e), Durmaz (Sylla 81e) – Gradel, Delort

Composition Nice : Benitez – Souquet, Dante (exclu 40e), Le Marchand, Jallet – Tameze, Seri – Walter (Sarr 45e), Koziello (Saint-Maximin 60e), Lees-Melou (Srarfi 78e) – Balotelli

 

Un Tef organisé qui ne se laisse pas dépasser

Comme contre Dijon il y a quelques jours, le début de match des toulousains est fracassant. Encore plus, même. Le jeu n’a pas commencé depuis 2 minutes que les toulousains font déjà mouche. Blin se bat côté gauche et adresse un centre millimétré pour Delort qui n’a plus qu’à ajuster Benitez de près. Quoi de mieux pour réchauffer un Stadium glacé par l’approche de l’hiver ? Le TFC se positionne ainsi dans les meilleures conditions possibles en enfonçant dans ses doutes un club niçois alors provisoirement relégable. Et les toulousains vont gérer à merveille cette situation (un temps du moins). En effet, si Nice fait le jeu, le Tef ne recule pas et occupe solidement le milieu du terrain. Les trous sont bouchés et Nice ne parvient pas ne serait-ce qu’à approcher les cages gardées par Lafont. On assiste alors à une opposition tactique,  où Toulouse, qui n’a pas à attaquer grâce à son avantage, tire son épingle du jeu. Au fur et à mesure que le temps passe dans cette mi-temps, les niçois gagnent cependant du terrain. Si leurs tentatives restent relativement anodines, à l’image d’une frappe lointaine de Balotelli, captée en deux temps par Lafont (27e), ont sent les toulousains de plus en plus à la merci du club azuréen. Toulouse tente d’exister collectivement mais la qualité technique des toulousains inférieure à celle des niçois les contraint à user de longs ballons. C’est d’ailleurs sur l’un d’eux que le défenseur central niçois, Dante, est sanctionné d’un premier carton jaune (35e). Ce dernier ne sera pas d’une moindre importance puisque cinq minutes après, l’excès d’engagement du défenseur sur Durmaz, tout juste revenu de blessure, lui vaut d’être à nouveau pénalisé par l’arbitre, mais cette fois définitivement. Ainsi, sans s’être procuré d’occasion franche depuis le but survenu dès l’entame de match, Toulouse a su durant cette première mi-temps, contrer les enchaînements collectifs niçois, mais surtout se procurer un avantage net avant de retourner sur la pelouse pour les 45 dernières minutes.

Le coche raté, le match leur a encore échappé

Début de mi-temps, moment important. C’est une constante depuis le match de Dijon pour Toulouse. Ainsi, si les toulousains bénéficiaient déjà de leur bonne étoile en 1ère mi-temps, celle-ci les accompagne encore au retour des vestiaires. Sur un centre puis une tête toulousaine, le défenseur niçois Le Marchand dévie involontairement (d’après les images) le ballon de la main (48e). Mr Hamel perçoit dans ce geste un acte délibérée et désigne à la satisfaction du public un penalty pour le Tef. Durmaz, tireur attitré avant sa blessure à l’aine, prend la ballon. Son sans-faute jusqu’ici va alors prendre fin, au plus grand damn des supporters toulousains, son tir trop centré se voyant repoussé par Benitez. Un premier nuage dans le ciel bleu, espérons que celui-ci n’annonce pas la pluie … Et cette pluie aurait pu être précoce. Cet arrêt salvateur remet les niçois dans de bons rails. Ils se projettent vers l’avant et parviennent enfin à trouver des espaces aux abords de la surface toulousaine. Dès la 53e, Souquet, trouvé dans la profondeur, adresse un centre dangereux devant le but que Lees-Melou remet en jeu pour Balotelli, sur la ligne des six-mètres, mais que ce dernier ne réussit pas à reprendre correctement pour conclure le travail. Le danger approche, et Lees-Melou s’illustre quelques minutes plus tard par une frappe enroulée subtile, qui frôle le montant gauche de Lafont. Attention aux toulousains ! Mais aux niçois aussi. En effet, dans la foulée, c’est Toulouse qui met le feu dans la surface niçoise, les têtes successives de Diop et Jullien transmettant les premiers frissons de cette seconde période au gardien argentin de l’OGCN (57e). Malheureusement, hormis l’occasion de Jullien suite à une mésentente entre le gardien et sa défense (59e), ces premiers frissons seront aussi les derniers, symbolisant à nouveau les difficultés des toulousains à combiner offensivement. A 11 contre 10, ceci est dommageable non ? Même si l’avantage à la marque n’en procure alors pas le besoin imminent… Et c’est ainsi que Nice, après ce passage d’un but à l’autre, reprend la main sur le ballon. Mais plus qu’en 1ère mi-temps, Nice trouve des décalages intéressants, et Toulouse peine à ressortir proprement. Lorsque Souquet, lancé dans la surface toulousaine, est bousculé par Amian, immédiatement exclu, les toulousains sont abasourdis. Ils maîtrisaient ce match, et voici qu’il leur échappe. Balotelli transforme (80e) lui son penalty d’une frappe sèche imparable pour Lafont, parti du mauvais côté. L’équilibre total en nombre et au score qui suit cette égalisation ne change même pas la donne pour les Pitchouns. Les niçois continuent de confisquer le ballon et le Tef est acculé dans son camp. Peu de solutions se présentent offensivement, et se multiplient les longs ballons pour un Delort toujours aussi combatif sur le front de l’attaque, mais aussi toujours esseulé au milieu de nombreux défenseurs adverses. Finalement, le but de Srarfi dans les arrêts de jeu, sur un centre délicieux du talentueux Saint-Maximin, ne fait que concrétiser la supériorité niçoise face à des toulousains fébriles qui n’auront su profiter des éléments favorables dont ils ont bénéficié une large partie de la partie de la rencontre.

En bref

Ce mercredi, le Tef s’est effondré. Si la réussite les a cette fois-ci longtemps accompagnés, ils n’auront pas su en tirer profit pour enterrer les espoirs niçois dès le retour des vestiaires. Ce match traduit des lacunes toulousaines qui ne font plus de doute. Manque d’ambition, de détermination, de tout finalement, voilà le bilan qui ressort de ce match. Les points positifs côté toulousain sont rares dans cette rencontre. Si Delort a encore fait valoir de nombreux efforts ce soir, le reste de l’effectif ne l’aide pas dans sa tâche. Avec si peu de productions offensives, il est presque difficile d’envisager que le Tef puisse faire trembler assez régulièrement les filets adverses en Ligue 1. Défensivement, les toulousains auront tenu une bonne partie du match, avec une organisation somme toute convaincante. C’est l’extrême fébrilité perçue en fin de match qui inquiète. Incapable de gagner depuis maintenant 5 matchs, le TFC sombre doucement vers le bas du classement, désormais à seulement 1 point de la zone de relégation…

Yoann Grégoire, le 29 novembre

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