UN AVENIR A PAS DE PUCE ?

 

Qui n’a pas déjà rêvé de se débarrasser de toute la paperasse administrative, des pièces de monnaie retrouvées dans la machine à laver ou des innombrables clés dont certaines n’ouvrent aucune porte, et qui disparaissent toujours quand on est déjà en retard avant que la journée ne commence ? Cet article va probablement faire plaisir à tous les paresseux du quotidien. Et vous autres, lecteurs organisés et rigoureux, il va peut-être tout au contraire vous donner froid dans le dos. En effet, votre “rêve” est déjà en train de se réaliser. Les données s’implantent aujourd’hui sous la peau des humains : la puce électronique, utopie ou dystopie ?

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Horizons sur la Suède : les puces sous-cutanées RFID

 

De la fiction à la réalité, la Suède nous montre qu’il n’y a qu’un pas. Jusque-là, les puces électroniques n’étaient réservées qu’au bétail et aux animaux que l’on souhaitait surveiller – sur justification de recensement, par exemple. Un moyen pratique de tracer les individus au sein des élevages ou écosystèmes, à distance et le tout enregistré directement sur des ordinateurs. Désormais, l’humain aussi veut sa puce. Disposer de fonctionnalités biochimiques ou mécaniques inédites est devenu, pour certains, le nouveau gage de hype dans la société.

Les puces RFID (pour “Radio Frequency Identification”) commencent à exciter l’Internet en 2015, lorsqu’une entreprise suédoise, Epicenter, décide de rendre obligatoire pour ses salariés l’implantation de ces puces dans leur main. Quels sont les avantages d’une telle méthode ? Incroyable mais vrai, fini de farfouiller dans sa veste pendant cinq minutes dans le froid pour retrouver son badge d’entrée. La puce ouvre la porte, il faut juste se rappeler de ne pas oublier sa main ! Incroyable mais vrai, ces fameuses pièces de monnaie oubliées dans la machine à laver ne servent plus à rien, puisqu’un simple “coup de main” paie le café à la pause ! Pareil pour la photocopieuse, et autres machins de type je-te-fais-perdre-du-temps-alors-que-tu-dois-travailler. A priori, rien de bien méchant non ? Le salarié est soulagé de certaines tâches rébarbatives, le patron gagne en productivité. Cela permet également de réduire le nombre de possessions matérielles, et le minimalisme à la nordique est justement à la mode en ce moment.  Mais c’est du gagnant-gagnant, vraiment ?

 

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Un autre aspect indispensable de la puce électronique à prendre en compte, c’est qu’elle enregistre les données d’identité des individus. Imaginez aux Etats-Unis, 325.7 millions d’Américains pucés dans une société qui voue un culte à la sacro-sainte sécurité nationale et aux libertés individuelles. Certes, plus besoin de faire la queue à la mairie pour faire renouveler sa carte d’identité égarée lors d’une énième soirée trop alcoolisée. Mais qui dit données électroniques dit possibilités de piratage. Savoir qu’un inconnu peut facilement avoir accès à notre profil Facebook est tolérable. On se préoccupe rarement de l’incidence d’un piratage de nos photos “Happy Summer 2012”, parce qu’au fond, c’est nous qui avons choisi de créer cet album et de le partager au monde du web. En revanche, lorsqu’il s’agit de notre adresse, de notre nom, ou encore de nos informations bancaires… C’est toute autre chose. Même notre position géographique peut être mise en risque. Le voleur 2.0 est un pirate ; il ne prend plus la peine de voler un sac à l’arrachée, il navigue dans la data.  Bon courage à la CNIL et aux services de renseignement pour déjouer toutes les tentatives d’usurpation d’identité. A moins que ce ne soit l’occasion justement pour les politiques de surveillance et de contrôle de faciliter l’étendue de leurs moyens d’action…

 

Une “menace pour l’humanité entière” ?

 

Les mots de François Asselineau sont durs. Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) pour les élections présidentielles 2017 est catégorique lorsqu’il est interrogé sur le sujet. D’après lui, les puces RFID ne seraient qu’un dangereux outil au service d’intentions dictatoriales. Il est vrai que leur prolifération dans l’espace professionnel donne des signes peu encourageants pour les défenseurs des droits et libertés privés. La Belgique, les Etats-Unis, et même la France s’y sont essayé. Chez nous, c’est l’entreprise Sanofi qui a tenté d’être un précurseur dans le domaine. Elle a poussé 3 000 de ses employés, en avril 2016, à coiffer leurs porte-badges de ces fameuses puces. Ces dernières n’ont pas été implantées sous la peau, mais la technologie est la même et malgré la garanti d’anonymisation des données par Sanofi, cela n’enlève pas moins le risque.

Aussi, M. Asselineau donne l’exemple des “implant party” organisées par des “biohackers suédois” pour alerter sur la progression de la fièvre du numérique sur la Capitale. Si Paris tombe, le reste de la France suivra forcément le mouvement. Et comme pour toute fièvre, il faut se poser la question de la cause. Ici, c’est la puce. Cependant, la puce électronique est encore bien trop récente et nouvelle pour en déterminer tous les symptômes, toutes les conséquences. Est-elle un indice de notre société gangrénée, un vaccin qui pourrait l’affaiblir comme l’endurcir, ou le remède qui permettra à l’humanité de franchir un pas de plus sur l’échelle de l’Évolution ? L’humain de demain sera-t-il un humain augmenté, un cyborg ? Il est clair qu’en regardant bien, il l’est déjà bien plus qu’on ne veut se l’avouer.

 

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