Enchaînée par cette nouvelle pulsion, bâillonnée par ses baisers de jouvence, j’observe l’horizon qui se dessine à moi. La fugacité des moments partagés parviennent à nourrir ma mémoire de souvenirs brûlants. Un son m’étourdit, quelques bribes de conversation m’assomment et m’assènent leurs plus intimes péchés. Il est un vice où la vertu se soumet, se plie aux volontés de l’interdit, triomphe de son délicieux fardeau. Les plaisirs s’emmêlent puis se mêlent à mes rêves les plus sombres. Et pourtant, loin de me perdre dans l’abîme des supplices, ils m’emmènent au plus près de mes entrailles. Je chante ce démon angélique, cette brutale douceur, cette panique rassurée. Après les flots de plaisir, j’accueille les yeux fermés la simple émotion. Celle qui soulève tes sentiments les plus inaccessibles, celle qui laisse au fer rouge la marque sacrée de la renaissance. Le temps me paraissait éternel tout ce temps, mon attente semblait ne plus avoir de fin. Et pourtant, un baiser volé a tout révélé. Les épreuves sont éphémères, toujours, et parfois s’ouvrent sur d’autres barrières. Mais il n’est de frontière qui soit définitivement infranchissable. La dureté de l’impatience s’efface dès les premiers sourires échangés. Et elle ouvre notre cœur de plus encore de jouissances. Enchaînée et bâillonnée, oui, mais prisonnière volontaire, détenue dévouée, soumise à une despote aux cheveux d’or.

 

PEDROSA Célia

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